Mesdames, Messieurs,

La période des fêtes de fin d’année est un temps particulier, comme une parenthèse dans la phrase d’une année. Et il est presque vain de dire que 2008 a été une année ponctuée d’événements qui, à l’instar de virgules, ont changé, changent et changeront l’écriture du monde moderne.

De ces événements, je veux, aujourd’hui, retenir ceux qui font sens, ceux qui sont ancrés dans l’humanité, dans l’individu, ceux qui font appel à la conscience du monde, qui font écho à des écrits fondateurs, signes des temps, témoignage de volontés historiques parfois oubliées tant leur traductions dans nos réalités du 3ème millénaire, nous semblent familières.

Et pourtant, à la page du 19ème siècle, les articles 291 à 294 du Code criminel Napoléonien de 1810 créent le délit d’association au chapitre « Crimes et délits contre la paix publique » dont je vous livre un extrait :

« Toute association de la nature ci-dessus exprimée qui se sera formée sans autorisation, ou qui, après l’avoir obtenue, aura enfreint les conditions à elle imposées, sera dissoute ».

Les chefs, directeurs, ou administrateurs de l’association seront en outre punis d’une amende de seize francs à deux cents francs »

La reconnaissance de la liberté d’association par les rédacteurs dès la Constitution de 1848 restera cependant lettre morte jusqu’à la publication de la loi de 1901, loi qui témoigne de la reécriture d’une société civile fondée sur la liberté, la reconnaissance de la capacité intrinsèque de tout individu de faire des choix.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, votée le 10 décembre 1948, à la sortie d’un conflit mondial douloureux , est le signe indéniable d’une humanité repensée, d’une conception de ce que les droits de l’homme, qu’ils soient culturels, économiques, politiques et sociaux sont inhérents à tous plutôt que des dons magnanimement accordés, ou refusés à dessein et réaffirme la liberté d’association comme droit de l’homme, universel et indivisible.

Pour autant il convient de rester vigilant parce que ces droits sont balayés d’un revers de main dans certains pays en dehors de nos frontières européennes.

Au niveau national nous ne sommes pas en reste les désengagements de l’état sont une menace réelle sur la liberté d’association alors que le Conseil Constitutionnel, Assemblée des Sages s’il en est, a inscrit la liberté d’association comme l’un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, en 1971. Ces désengagements sont aussi un mépris pour l’engagement et le travail des bénévoles de ces associations qui suppléent au quotidien la charge des différentes collectivités. J’en veux pour preuve   les témoignages forts des l’le actions menées auprès de nos concitoyens les moins protégés, apportés hier soir en conseil municipal par des associations telles que SFM92, la croix rouge…Les associations quelque soient leurs domaines d’intervention participent au dynamisme de notre ville.

L’appel lancé par le collectif « association en danger » résume très bien ce que je viens d’exposer et rappelle que rogner sur les libertés fragilise la démocratie.

La municipalité de Clichy reste très attachée aux libertés individuelles et en particulier celle de s’associer. Malgré la crise financière nous essaierons de maintenir l’effort d’accompagnement aux associations consenti jusque là en encourageant la recherche de partenariat avec d’autres institutions ou les entreprises présentes sur la ville.

La DUDH, la Loi 1901, ces textes fondateurs, les volontés inexpugnables et, partagées de les inscrire pour tous, pour l’avenir nous permettent aujourd’hui d’être réunis et de formuler le souhait d’être tout aussi ambitieux afin que la génération future ait les plus grandes chances de réclamer la promesse donnée par la génération précédente.

De cette génération, je souhaite tout particulièrement évoquer René Cassin, co rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui, recevant le Prix Nobel de la Paix en 1968, 20 ans après l’adoption de la résolution de l’ONU, déclarait :« Les anniversaires ne valent que s’ils constituent des ponts jetés vers l’avenir. ».

2008 est une année qui nous demande, sans indulgence aucune, dans un monde en profonde évolution, d’être des constructeurs de nouvelles passerelles, les architectes d’un futur durable, d’être les gardiens et les garants de cet esprit historique des droits et libertés et de cet article 20 qui nous rassemble et de reconnaître à Pierre Waldeck Rousseau que « L’homme ne peut rien faire en bien ou en mal qu’en s’associant. Il n’y a pas d’armure plus solide contre l’oppression ni d’outils plus merveilleux pour les grandes œuvres ».

Pour revenir à des considérations plus locales,

c’était une demande forte sur la ville, c’est maintenant chose faite, les studios de musique de l’espace Henry Miller sont en cours d’équipement, ils seront ouverts au public dès janvier 2009 conformément à la délibération votée hier soir en conseil Municipal.

Mesdames, Messieurs, avant de laisser la parole à  M. le Maire, je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d’année en présence de vos proches en ayant je l’espère  une pensée ou un geste de générosité envers ceux qui en ont le plus besoin.

Partagez
  • Print
  • Facebook
  • MySpace
  • Twitter
  • RSS

Laisser un commentaire