Allocution de Manuel ALLAMELLOU
Conseiller municipal délégué à la vie associative, aux anciens combattants et au devoir de mémoire
Cérémonie commémorative en hommage aux morts de la Royal Air Force (R.A.F.) inhumés à Clichy
Dimanche 20 septembre 2009
Cimetière Nord
Monsieur le maire,
Monsieur Jeff Hook, Maire de Southwark ,
Madame Geena Naidu, représentant le colonel Auguste, pdt de la RAF
Monsieur Théo Graber, représentant le préfet des hauts-de-seine
Mes chers collègues,
Mesdames et messieurs les présidents d’associations d’anciens combattants, Déportés, internés , résistants et patriotes,
Mesdames et messieurs,
Cher(e)s ami(e)s,
Nous sommes rassemblés ce matin comme chaque année depuis la fin de la guerre, pour rendre hommage aux jeunes soldats britanniques, canadiens, australiens et néo-zélandais, membres de la Royal Air Force, morts pour la Libération de notre pays.
Il est important de souligner le rôle déterminant qu’à jouer la Royal Air Force dans l’issue de la Seconde Guerre mondiale et ceci dès la tentative initiale d’Hitler d’envahir les îles britanniques lors de la bataille d’Angleterre ; Le matin du 8 août 1940, à tous les aviateurs et soldats de la Royal Air Force stationnés sur le sol anglais, fut lu l’ordre du jour suivant : « La bataille pour l’Angleterre va commencer. Les membres de la RAF doivent avoir toujours présent à l’esprit que le sort de générations est remis entre leurs mains ». (415 pilotes trouvèrent la mort)
En assurant à l’Angleterre la maîtrise du ciel, la RAF empêchait toute tentative de débarquement allemand sur l’île de Sa Majesté, donnant un sursis salvateur que Churchill employa à réarmer son pays.
C’est pourquoi il eut cette phrase célèbre :«Never in the field of human conflict was so much owed by so many to so few» , que l’on peut traduire par :«Jamais, dans l’histoire des guerres, un si grand nombre d’hommes n’ont dû autant à un si petit nombre».
Par cette déclaration publique du 20 août 1940, le Premier ministre Winston Churchill exprime la reconnaissance des hommes libres à l’égard de la poignée de pilotes de la Royal Air Force : ils ont repoussé les attaques de la Luftwaffe allemande et préservé l’Angleterre d’une invasion qui eut été fatale à la liberté en Europe.
Une fois bien assise, l’Angleterre envoya La Royal Air Force mettre sous pression les régions de l’Allemagne qui étaient à sa portée. Les bombardements les plus massifs furent ceux d’Hambourg (28 juillet 1943, 50000 morts), Berlin et Dresde, qui subirent des dégâts considérables. C’est la première fois que les Allemands subissaient des bombardements et des dégâts sur leur propre territoire, ce qui contribua grandement à miner leur morale et à les faire douter sur la politique menée par Hitler.
Les soldats de la Royal Air Force jouèrent également un rôle important dans la « bataille de France ». Dès le début de l’offensive allemande, le 10 mai 1940, la R.A.F. avait 416 avions dont 92 chasseurs et 192 bombardiers sur le sol français. Ses pertes dans cette bataille furent au moins égales à celles de l’armée française.
Certains membres du groupe de chasse d’Ile de France, le 340th « Free French » Squadron, furent abattus par l’ennemi et se retrouvèrent non loin de nous à l’hôpital Beaujon. Ceux qui malheureusement trouvèrent la mort furent enterrés à l’endroit où ils sont tombés au champ d’honneur, comme le veut la coutume anglo-saxonne. C’est pourquoi le cimetière nord de Clichy-La-Garenne dispose d’un carré de la Royal Air Force qui nous permet de nous remémorer et de célébrer ensemble la mémoire de ces vaillants soldats, morts pour libérer un pays qui n’était pas le leur – à l’instar des FTP-M.O.I (Francs-Tireurs et Partisans-Main-d’œuvre Immigrée), résistants immigrés emmenés par Missak Manouchian – .
Le général de Gaulle a pu lui aussi compter sur l’appui de la RAF qui par le déversement de tracts sur les villes françaises assurait un relais efficace aux messages que passait le général depuis Londres sur les ondes de la BBC.
Les événements que nous commémorons aujourd’hui ont eu pour dénouement la construction d’une Europe qui évolue chaque jour et que nous nous devons de pousser, ensemble, vers l’avenir. Le jumelage avec Southwark est une preuve de cette Europe solidaire et assagie après des siècles de guerre.
Pour honorer ces soldats, je suis heureux d’accueillir Jeff Hook, nouveau maire de Southwark. J’espère que Jeff Hook pourra nous accompagner à quelques manifestations puisque ce sont les Journées du Patrimoine.
Les échanges culturels entre pays nous permettent aussi d’honorer notre devoir de mémoire, il faut les encourager. Nous devons partager ces commémorations avec nos alliés – et nos ennemis – d’hier pour éviter de voir se reproduire les drames du passé.
Recueillons-nous ensemble en la mémoire des soldats de la R.A.F., morts pour la libération de notre pays, et en celle de toutes les victimes innocentes.
Je vous remercie.





