Archive pour mai 2010
Le mardi 25 mai , le PLU a été rejetté par un vote à bulletins secrets, par une conspiration arithmétiquement cimentée, menée par ceux ou celles qui se projettent déjà sur les prochaines échéances électorales pas si loin de nous. Il ne sera pas simple d’expliquer aux habitants du canton nord-Levallois-Clichy que l’école du Bac d’Asnières ne sera peut-être pas livrée en 2013, que l’APA Fournier devra se contenter pour un moment encore de ses locaux répartis sur 3 sites et j’en passe….
Ils n’étaient pas nombreux expliquer hier soir leurs choix face aux habitants réunis en plénière du conseil de quartier Victor Hugo.
Ce vote n’est pas sans conséquence, nous devrons nous habituer à la vision d’une ville à l’allure de gruyère (les destructions ayant commencées) se développant au ralenti.
Le document produit par le service de l’urbanisme ne se résumait pas à une vision économique de la ville mais proposait une solution équilibrée en préservant les finances de la ville (permettant d’épargner les clichois d’une hausse brutale de la fiscalité), en répondant à l’urgence de la résorption de l’habitat insalubre, en honorant notre engagement de campagne concernant la construction de nouveaux logements et en proposant aux clichois des équipements publics de proximité.
Il était donc aussi proposé d’apporter un équilibre géographique du territoire en amenant de l’activité et des services au contact des lieux d’habitation.
Ceux qui hier encore vantait le travail remarquable produit par le service de l’urbanisme de la ville, dénonce aujourd’hui un PLU médiocre. C’est à n’y rien comprendre !!!! le service de l’urbanisme en fournissant un travail colossal rend une copie médiocre !!!
Nous n’avons pas la vocation de loger à Clichy tous les demandeurs de logements de l’Île de France. Nous devons nous battre pour que chaque ville fasse sa part. C’est à mon avis la condition d’une mixité et d’un brassage de toutes les catégories de la population.
Il m’a été affirmé, je cite : « je suis prêt à démontrer que l’on peut tout faire, en proposant des avenants à l’actuel POS ». J’attends la démonstration, mais dans ce cas de figure, il ne s’agira pas de dogme ou de théories, mais de se servir du génie des professionnels de l’arithmétique, ceux-là même qui ont su, mardi dernier, faire pencher la balance lors du vote du PLU.
La hauteur des tours n’est que l’arbre qui cache la forêt. Cet alibi masque de façon peu loyale des desseins prémédités.
J’ai fait le choix de vivre à Clichy, j’ai comme tout clichois, le désir d’offrir à nos enfants une ville durable et agréable à vivre, je ne suis pas prêt à sacrifier l’avenir sur l’autel des ambitions personnelles ou des rancoeurs et rancunes ruminées depuis des années.
Le devenir de Clichy n’est un jeu entre élus du conseil municipal, mais la construction de l’avenir de près de 60000 clichois et même plus encore, car Clichy n’est pas implantée dans un no man’s land et doit tenir compte de son voisinage, conjuguer et vivre en harmonie et cohérence avec ce dernier.
J’ai été élu avec toute une équipe sur un programme, je continuerai à faire ce pour quoi je me suis engagé pour « aimer l’avenir ensemble »
Monsieur le Maire,
Cher(e)s collègues,
Mesdames et Messieurs les présidents d’associations
Mesdames et Messieurs,
Nous sommes réunis ce soir pour commémorer, pour la 5ème fois depuis 2006 les mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Je dois vous l’avouer j’aurai personnellement préféré une journée en souvenir des esclaves et des souffrances endurées. Car durant plus de 2 siècles des femmes, des enfants, des hommes ont eu à subir la cruauté de leurs maîtres. Les sévices corporels étaient nombreux, le fouet étant la plus emblématique.
Pour rendre les coups plus douloureux, il arrive que la corde qui sert à infliger la punition soit graissée après chaque coup dont le nombre est fixé à 29 ; mais on peut tuer une femme ou un enfant avant d’avoir atteint ce nombre fatidique. Le commandeur qui fait office de bourreau est peut-être le père, le frère, le fils ou l’époux de la victime, les pansements des blessures alors reçues sont faits avec du jus de citron et du piment.
En plus de la punition, le maître tente souvent d’humilier son esclave qui est battu en public, les jupes des femmes sont relevées souvent devant leurs enfants. Certains esclaves sont mis aux fers pendant de très longues périodes, entraînant parfois la perte de l’usage de leurs jambes.
Malgré ces actes innommables, qui dans bien des cas conduisaient à la mort, les esclaves apparaissent avoir des ressources insoupçonnées de résistance à l’oppression. Des ressources qui entretiennent chez les colons un sentiment permanent d’insécurité.
On peut noter de nombreux faits de résistances, refus de travail, grève du zèle, incendie de champ de cannes, empoisonnement du bétail ou du maître lui-même, et parfois le suicide pour se soustraire à l’arbitraire du maître.
Aimé Césaire, dans un ouvrage paru en 1948 écrivait : « On aurait peine à s’imaginer ce qu’a pu être pour les nègres des Antilles la terrible époque qui va du début du XVIIème siècle à la moitié du XIXème, si depuis quelque temps, l’histoire ne s’était chargée de fournir quelques bases de comparaison. Que l’on se représente Auschwitz et Dachau, Ravensbrück et Mauthausen, mais le tout à l’échelle immense, celles des siècles, celles des continent »
Les esclaves ont été acteurs de leur libération. L’abolition n’a pas été qu’un simple cadeau octroyé. Le soulèvement de Saint-Pierre, le 22 mai 1848, a contraint le gouverneur de la Martinique, Rostoland, à anticiper l’arrivée du décret d’abolition, l’esclavage est aboli le 23 mai dans l’île. Le gouverneur de la Guadeloupe Layre en fera autant sur les conseils de son collègue le 27 mai.
Profitons de l’occasion qui nous est donnée pour rendre hommage à tous ces combattants, à tous ces résistants oubliés qui se sont battus pour leur liberté, pour notre liberté et grâce auxquels je peux personnellement m’exprimer devant vous aujourd’hui.
Par le décret de 1848, le gouvernement provisoire de la IIème République rachète la liberté des esclaves en indemnisant les planteurs. Le réveil fût donc douloureux pour ces nouveaux libres obligés de s’assumer sans terre, sans indemnités alors que Victor Schoelcher proposaient dans son décret, concernant les ressources : « réparties à parts égales entre colons dépossédés de leurs esclaves et les esclaves eux-mêmes ». Schoelcher a été suivi sur un point, la mise en place de la monoculture sucrière qui transforme l’ancien esclave en consommateur de produits venus de la métropole. Les événements du début de l’année 2009 qui ont secoué la Guadeloupe, la Martinique la Guyane et la Réunion, la lutte contre la « pwofitasion », ne sont pas sans lien avec cette période de notre passé qui ne semble pas tout à fait dépassé.
1848 marque aussi l’instauration du suffrage universel masculin qui implique pour les nouveaux libres l’attribution de nom patronyme puisqu’ils n’avaient qu’un prénom et un matricule. Quelques secrétaires de mairie fantaisistes, mesquins, se chargent de trouver des noms à ces nouveaux citoyens le plus souvent analphabètes.
A ces hommes de couleur qu’ils méprisent ces officiers de l’état civil font preuve, d’imagination, de poésie, de vulgarité. On retrouve des noms d’arbres (pommier), d’oiseaux (chatuhant), des anagrammes (Etilagé pour égalité), des insultes à caractère sexuel et j’en passe. Ce sont ces noms que l’on retrouve aujourd’hui en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à la Réunion et qui souvent prête à sourire pour ceux qui n’en connaissent pas l’origine.
Le suffrage universel pour tous en 1848 dans les colonies, acte fondateur de la république qui redonne le pouvoir aux citoyens ne doit pas occulter la politique de l’oubli voulue l’Etat. Rostoland gouverneur provisoire de la Martinique écrit : « Je recommande à chacun l’oubli du passé ». L’assimilation nationale va poser les conditions de cet oubli, la République impose donc une rupture avec la mémoire de l’esclavage.
L’oubli a permis à la République de mieux manipuler les rapports politiques et d’empêcher la constitution d’une communauté réelle. La mémoire se devait officiellement d’être « effacée ». Je tiens à le marteler à nouveau ici devant vous nous ne sommes pas nés en 1848, il existe un avant 1848 qu’il convient de mettre en lumière pour mettre fin aux gênes qui empêchent les relations entre blancs et noirs.
Vous comprendrez donc que le choix d’une date commémorative qui fasse l’unanimité n’est pas une mince affaire car, comme j’ai essayé de le mettre en évidence, le décret d’abolition de 1848 souffre d’une certaine ambiguïté car il y est à la fois question d’émancipation et de perpétuation du système colonial.
Nous sommes tous d’accord sur un point, il n’y a pas d’héritage de la responsabilité. Mais nous avons la responsabilité nous femmes et hommes politiques, responsables religieux, responsables économiques, de continuer à travailler au progrès de l’humanité pour laisser à nos enfants un monde pacifié respectueux de chaque être humain.
Il y a eu la loi Taubira qui reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité et qui se veut être une loi contre l’oubli. Mais où en sommes-nous 9 ans après l’adoption définitive de cette loi par le parlement le 10 mai 2001 ? L’effort consenti par l’éducation nationale est insuffisant alors que l’école a un rôle prépondérant à jouer, elle doit expliquer ce moment de l’histoire. Il faut offrir la possibilité à la recherche de se pencher sur ces thèmes.
La France a tout à perdre d’une lecture révisionniste de son passé, et tout à gagner avec une histoire partagée et citoyenne.
Si l’on souhaite mettre en œuvre une réelle politique du devoir de mémoire dont la finalité est de faire en sorte que nous restions vigilants, que nous puissions lutter contre toutes les formes d’esclavage moderne, il faut s’en donner les moyens, et ne pas tomber dans la facilité de la politique de l’oubli.
Je terminerai par une citation de Frantz Fanon : « Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères, car, moi l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose, que jamais l’instrument ne domine l’homme et que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. »





